En cette fin d'année 1667, Molière, malade, fatigué de se battre pour son Tartuffe, et affecté aussi par les infidélités de sa jeune épouse, la comédienne Armande Béjart, se réfugie dans le travail, et l'écriture. Il cherche un nouveau sujet de comédie, et se plonge pour cela dans la lecture des Anciens. Ainsi, Molière relit les comédies de Plaute, et une pièce retient particulièrement son attention : il s'agit de la Marmite (Aulularia, en latin). Molière a trouvé son sujet : il va faire une comédie sur l'avarice, une comédie inspirée de celle de Plaute, mais transposée au XVIIe siècle. Molière construit son intrigue et choisit ses personnages. Son avare sera un riche bourgeois parisien ; il le baptise Harpagon, nom qu'il crée à partir du latin harpago, qui signifie ?harpon?, et, au sens figuré, ?rapace? ; Harpagon aura une fille, Élise, et un fils, Cléante, car Molière veut pour sa pièce deux couples d'amoureux (Élise et Valère, Cléante et Mariane). La première représentation de l'Avare, ou l'École du mensonge, comédie en cinq actes et en prose, est donnée au théâtre du Palais-Royal, à Paris, le 9 septembre 1668.
Magazine : Virgule n° 89 Page : 18-33
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